Le maire de Goussainville a pris "un arrêté d'annulation" pour un baptême qui "était en fait un séminaire sur la médecine traditionnelle".




Un séminaire qui était prévu ce dimanche par un homme condamné en 2006 pour des projets d'attentats en France, présenté au départ comme un baptême, a été annulé par le maire de Goussainville (Val-d'Oise), a-t-on appris de sources concordantes, confirmant une information du Parisien. "Un arrêté d'annulation a été pris samedi par le maire pour des motifs administratifs. Ce qui était présenté comme un baptême était en fait un séminaire sur la médecine traditionnelle. Il y avait une fausse destination d'utilisation de la salle louée pour l'occasion et une sous-location, car l'entrée coûtait 15 euros", a déclaré à l'AFP la préfecture du Val-d'Oise.

Organisé par Menad Benchellali, le séminaire devait se tenir dans la maison des jeunes et de la culture (MJC) de la commune.

Condamné à dix ans d'emprisonnement en 2006 pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" dans le procès dit des "filières tchétchènes", Menad Benchellali était considéré comme l'un des chefs du réseau accusé d'avoir projeté des attentats contre la tour Eiffel, des commissariats et des intérêts israéliens en France en 2001-2002.

Un séminaire "tout à fait banal"

Contacté par l'AFP, l'organisateur a confirmé que ce séminaire était axé autour de la "Roqya", le fait de "soigner les maux du corps et de l'esprit par la phytothérapie, la psychologie, la religion, la lecture du Coran".

"Je ne vais pas m'opposer à une décision de l'État. Il y a eu un quiproquo, la mairie a écrit que c'était un baptême sur le contrat, mais la personne qui a loué la salle avait bien parlé d'une conférence", a-t-il affirmé, précisant qu'il avait purgé sa peine et qu'il était sorti de prison en 2012. Selon Menad Benchellali, une cinquantaine de personnes étaient inscrites à ce séminaire qu'il présente comme "tout à fait banal, sans trouble à l'ordre public".

"L'arrêté est accroché sur la porte de la MJC", a déclaré une source policière, précisant que des patrouilles "régulières" étaient menées.


Source : Le point