Ayaan Hirsi Ali - les erreurs de l’Europe - février 2011



Ayaan Hirsi Ali sur la posture à adopter par l’Occident face à l’islam, qui selon elle doit changer.

Vidéo 1




Traduction et sous-titrage par Franco-français.

Transcription:

Présentatrice: - Êtes vous en accord avec le bannissement de la burqa?

Ayaan Hirsi Ali: - Non, parce que… Je crois évidemment que le voile est un terrible et restrictif symbole. Je ne condamnerai jamais assez le voile, mais le bannir n’est pas, selon moi, la solution.
Je crois que la meilleure approche, dans un société occidentale, serait d’avoir un débat sur son essence: Ce qu’il signifie. Quelle est la viabilité de l’introduction de pans de charia (loi islamique) dans des sociétés occidentales, comme ici en Australie? C’est là dessus que ce débat devrait porter.

Il faut avoir un débat sur la présence de l’Islam dans votre société. Tel qu’il est, c’est à dire incluant sa dimension religieuse, à laquelle je ne m’oppose pas. Vous pouvez le pratiquer dans une démocratie; vous pouvez jeûner; vous pouvez prier 5 fois par jour, suivre son régime alimentaire; vous pouvez visiter La Mecque quand vous le pouvez. Tout ça me va: c’est la dimension religieuse de l’Islam.

Mais l’Islam a deux autres dimensions: Il a une dimension politique, dont les concepts de jihad et de charia sont centraux, et une dimension sociale qui gouverne par exemple les relations entre hommes et femmes.

Donc pour définir la bonne politique à adopter face à ces dimension politiques et sociales et leur compatibilité avec une société occidentale, il vaut mieux avoir ce débat global que se focaliser un très petit symbole, comme la burqa, ou globalement se voiler le visage.

C’est ce qui me surprend à propos de l’Australie est que, j’y viens en période d’élections et la population veut vraiment un débat à propos de sa culture, du clash des civilisations et plus particulièrement le clash entre les valeurs islamiques et les leurs. Mais les dirigeants, les politiciens, ont un débat cosmétique sur l’immigration, la « grande Australie » et la « petite Australie »: Ce n’est pas là dessus que le débat doit porter. Si vous voulez tirer des enseignements de l’Europe, éviter ses erreurs: Elles ont été exactement ce que vous voyez ici actuellement. Ils ont « trivialisé » le débat. Ils ont parlé de burqas, de minarets, et leur justice est dans le bourbier de ces détails. Ils ne débattent pas de la substance, et la substance est justement ce clash des valeurs.

Et face à un clash des valeurs, vous ne devez faire aucun compromis.

Présentatrice: - Comment imposer des valeurs? Je veux dire: Notre premier ministre a voulu tenter d’imposer des valeurs mais ça a été tourné en ridicule car un de ses supports était un célèbre capitaine de criquet et ça a causé toutes sortes de plaisanteries… Mais c’est les valeurs qu’il essayait de promouvoir et il a été écarté sous les rires. Ce gouvernement a ensuite été battu, pour d’autres raisons. Mais comment peut-on imposer des valeurs? Comment peut-on amener les musulmans à en débattre alors que, pour ceux qui suivent à la lettre la doctrine des imams, c’est une obligation non-négociable? Comment donc provoquer ce débat?

Ayaan: - Les pays occidentaux, tels que l’Australie, ont un système de lois basées sur des valeurs de liberté, d’égalité, tolérance… Ce n’est pas juste une liste qu’on apprend par cœur à oublier ou ignorer dès qu’un musulman se présente! Ces règles font de l’Australie, l’Europe, les USA, ce qu’ils sont: Il n’y a pas à les instaurer, elles sont déjà en vigueur.

On sait une chose sur l’humain: Ces valeurs démocratiques ne sont pas génétiques, on ne naît pas avec, on les apprend. Le système éducatif doit donc inculquer ces valeurs aux jeunes générations. Si un groupe d’individus voulant introduire un système contraire se présente, refusant d’inculquer la démocratie, voulant leur inculquer un système totalement différent, alors il faut dire « Pas question: Pas dans ce pays ».

Je ne suis pas Australienne, mais j’estime que vous vivez dans un système basé sur la liberté de tous, blancs et autres, et que vous voulez le préserver. Vous devez comprendre que l’immigration est un choix: Il y a des tas d’autres pays et personne n’est forcé de choisir le votre, de s’installer dans un pays aux lois et valeurs basées sur l’homme et non un dieu, alors qu’il vient de pays ayant pour système la charia.

La charia est une loi divine, basée sur le coran. Vous avez au contraire un système laïc. Celui qui vient ici, par quelque moyen que ce soit, SAIT que c’est un pays laïc. Et s’il veut changer ça, alors je ne vois rien de mal, et c’est même tout à fait raisonnable, que les autorités de votre pays lui disent de faire demi-tour. Si il veut un pays sous charia, il est libre d’en choisir un.

(NDLT: Il y a 57 pays islamiques)

Un pays laïc acceptera la dimension religieuse de l’islam, mais doit en refuser les dimensions sociales et politiques. Et il ne suffit pas de le dire: Vous devez l’appliquer en conscience car si vous ne le faites pas, vous finirez par ressembler aux Pays-Bas…



Ayaan Hirsi Ali tente d'éviter les erreurs de l'Europe à l'Australie - vidéo 1 - février 2011




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