Wikileaks - Le Brésil lutte, mais en secret, contre le terrorisme islamique - novembre 2010



Pour un pays, devoir se défendre contre le terrorisme domestique serait devenu, en quelque sorte, comme lutter contre une maladie honteuse. En effet, comme cela dessert certains intérêts économiques et diplomatiques du pays et que cela risquerait de “stigmatiser les musulmans”, alors il vaut mieux passer sous silence les opérations antiterroristes.

Des documents diplomatiques des États-Unis publiés par Wikileaks révèlent que les autorités brésiliennes auraient arrêté “plusieurs suspects impliqués dans des “activités de financement du terrorisme”, mais, en les inculpants d’autres crimes” afin de ne pas attirer l’attention de la presse et de différentes sphères du gouvernement.”

L’information se trouvait dans des documents envoyés en Janvier 2008 au Département d’Etat par l’ancien ambassadeur des États-Unis au Brésil, Clifford Sobel, en référence à la politique brésilienne de lutte contre le terrorisme.

Dans les mémos envoyés au département d’Etat, l’ambassadeur américain indique que le gouvernement du Brésil est “un partenaire qui coopère” contre les activités terroristes, malgré ses dénégations officielles et en dépit du fait qu’il n’aime pas en faire une affaire publique. Le document ajoute que le Brésil a contribué fréquemment à ”l’ arrestation de personnes liées au terrorisme.”
La question est traitée avec une extrême précaution dans le pays parce que “le Brésil craint de stigmatiser sa communauté musulmane nombreuse” et de nuire à “son image de destination touristique.”

Le texte souligne que la position officielle du Brésil est d’éviter d’être considéré comme un pays conduisant une politique agressive à l’instar des Etats-Unis, dans la guerre contre le terrorisme.

D’autre part l’ambassadeur souligne que les médias brésiliens se concentrent sur la présence présumée d’extrémistes dans la région dite des “Trois frontières” (Argentine, Brésil et Paraguay).

Mais en dépit de la couverture médiatique “la principale préoccupation de l’agence de lutte contre le terrorisme du Brésil, et des agents américains est la présence d’individus liés aux activités terroristes, (des présumés terroristes sunnites et certaines personnes liées au Hezbollah) dans la ville de São Paulo et dans d’autres coins du sud du Brésil.

En bref, le diplomate américain conclut que, bien que la communauté musulmane au Brésil soit principalement constituée de modérés, le pays est le repaire de ”véritables éléments radicaux,” dans la région de Foz do Iguaçu, dans l’état de Paraná, et aussi à São Paulo. Ces régions brésiliennes compteraient environ 20 000 supporters shiites du Hezbollah.

Les mémos font partie des 250.000 documents publiés par Wikileaks et publiés dimanche par le New York Times, The Guardian, Le Monde, El País et le magazine allemand, Der Spiegel.

Source : Brazzil Mag

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