Seine-Saint-Denis : Kamel, le fonctionnaire musulman barbu, ne sera finalement pas révoqué - septembre 2011






« Ma barbe n’est pas un combat »


La barbe de Kamel Bendjebbour va-t-elle lui valoir la plus lourde sanction que l’on puisse infliger à un fonctionnaire, à savoir sa révocation ? C’est ce que risquait jusqu’à ce mercredi cet employé musulman de la mairie de Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis) avant que le maire de la commune ne fasse machine arrière.

«Je travaille à la mairie de Tremblay depuis 1996. J’ai toujours porté la barbe. Elle fait partie de moi. Je ne la porte pas par idéal ou comme un combat.»

Ce mercredi après-midi, son avocat, Me Guillaume Traynard, interrogé par leParisien.fr, assurait qu’il n’avait reçu aucune confirmation officielle de l’arrêt de la procédure. Avant de se réjouir complètement, les deux hommes attendent donc de la mairie l’assurance d’une réintégration et du versement des traitements manquants liés à cette suspension «injuste».

«Manquement aux obligations de réserve, et de neutralité à travers le port d’un signe distinctif»


Selon son avocat, Kamel B., 36 ans, un Français d’origine algérienne, a été suspendu de son poste depuis le mois de mai, en attendant une commission de discipline qui doit se tenir fin septembre pour évoquer sa révocation. Le motif : «manquement aux obligations de réserve, et de neutralité à travers le port d’un signe distinctif».

Lors d’un entretien en mai dernier avec l’adjoint au maire chargé du personnel, Kamel se voit demander solennellement de «tailler sa barbe». «Votre aspect physique fait que vous n’êtes pas dans la neutralité» lance l’adjoint au fonctionnaire. Et la sanction ne se fait pas attendre : la suspension dans l’attente du conseil de discipline.

Ce mercredi, le maire de Tremblay, François Asensi, a toutefois plaidé qu’il n’était pas au courant de la sanction et la trouvait disproportionnée. L’édile aurait demandé le retrait immédiat du dossier devant le Conseil disciplinaire. «Nous attendons toujours une confirmation officielle, autre chose qu’un communiqué de presse», répète Me Guillaume Traynard, qui assure également que Kamel avait informé le maire de ses mésaventures par courrier dès le mois de mai. Et qu’il n’avait jamais eu de nouvelles avant ce mercredi 7 septembre.

Source : LeParisien.fr



Kamel Bendjebbour attend des réponses.

“Est-ce que c’est vraiment la politique du député maire à Tremblay-en-France ou c’est un adjoint qui a dérapé, qui a dit vraiment ce qu’il avait au fond du coeur ? Finalement, il pense qu’il est meilleur que moi parce qu’il n’a pas de barbe”, s’interroge le fonctionnaire.

“C’est de la discrimination” :

“La première chose que je souhaite demander, si j’ai la possibilité de rencontrer le député-maire, c’est qu’il me confirme que ce qui a été dit est grave, que c’est de la discrimination”, souligne-t-il.
Mais au-delà de “la perte financière” depuis quatre mois, Kamel Bendjebbour a été blessé dans son orgueil.

“Quand on vous enlève 300 ou 400 euros par mois, vous les sentez. Mais c’est surtout l’honneur. Respectons les gens comme ils sont. Prenons d’eux leurs valeurs et arrêtons de le regarder, de coller des étiquettes qui n’ont pas lieu d’être en plus”, conclut-il.

Source : Europe1




Seine-Saint-Denis : Kamel, le fonctionnaire musulman barbu, ne sera finalement pas révoqué - septembre 2011



Source : bivouac-id.com