Melanie Phillips invitée par Michael Coren sous-titré en français - février 2011



La journaliste britannique Melanie Phillips était l’invitée du Michael Coren Show sur la chaîne canadienne CTS, pour discuter de l’islam, de la liberté dans nos sociétés, du danger du politiquement correct et du multiculturalisme.

Nous avions signalé cette excellente émission lors de sa diffusion en novembre 2010 (ici), la voici maintenant traduite et sous-titrée en français.

Durée environ 45 minutes. (un investissement en temps que vous ne regretterez pas)


Vidéo 1





Melanie Phillips invitée par Michael Coren sous-titré en français - vidéo 1 - février 2011



Vidéo 2





Melanie Phillips invitée par Michael Coren sous-titré en français - vidéo 2 - février 2011



Vidéo 3





Melanie Phillips invitée par Michael Coren sous-titré en français - vidéo 3 - février 2011



Vidéo 4





Melanie Phillips invitée par Michael Coren sous-titré en français - vidéo 4 - février 2011




Traduction et sous-titrage par Franco-Français

Transcription :

Le Rememberance Day n’est pas particulièrement politique, même si certains l’aimeraient. Il s’agit juste d’un jour en souvenir de ceux qui ont donné leurs vies pour notre sécurité, notre dignité, notre liberté, et ce particulièrement au Canada et en Angleterre où nous nous remémorons les deux guerres mondiales ce jour où droite et gauche se rejoignent et font une petite pause, le temps d’un remerciement.
Mais au cœur de Londres, certains ont joué les trouble-fêtes: Un groupe de gens dont je pourrais dire que je ne sais pas la religion, mais il était clairement apparent qu’il s’agissait d’un groupe de musulmans radicaux, a protesté, brûlant des « Poppies » (poupées, emblèmes du souvenir des soldats), criant « Nos martyrs sont au paradis et vos soldats en enfer! », « Les soldats anglais brûlent en enfer! ». « Mort aux soldats anglais! ».
Imaginez un instant ceci se produisant à Montréal, (ou Paris). Imaginez un groupe de gens qui bénéficient de votre système social, de santé, éducatif, de votre sécurité, en train de faire ça… Crachant littéralement sur le sacrifice de tant de gens courageux.
Alors je pourrais vous dire que je ne sais pas si la religion avait un rôle là dedans, mais je sais qu’elle y était directement liée et si vous échouez, refusez, de voir cette réalité, alors la situation empirera.

Bienvenue au Michael Coren Show, avec mon invitée Melanie Phillips, journaliste anglaise, auteure par exemple de ces trois ouvrages: « Le monde à l’envers », « La bataille globale pour dieu, la vérité et le pouvoir » et « Londonistan ». Tous chaudement recommandés.

- Bienvenue au canada Melanie: C’est votre première fois?

- Absolument. Heureuse d’être là.

- Un grand pays, n’est-ce pas?

- Oui, en effet.

- Je vous lis depuis longtemps, dans le Daily Mail et ailleurs, et en parlant de vous à des européens, on m’a répondu « Oh, elle est très controversée ». Que pensez vous qu’ils voulaient dire par là?

- Et bien c’est étrange. Je pense que ma carrière entière parle d’elle même: Je dis ce que je vois et qui me semble la réalité, et ce dans un monde où beaucoup semblent ne plus reconnaître les réalités et où la diabolisation et l’insulte ont malheureusement remplacé l’argumentation pour toute série de gens. Vous présentez un argument, et acceptez le fait que l’autre ait une autre opinion, vous acceptez d’en débattre et d’échanger des idées, mais non: Vous ne recevez que de l’insulte en retour.
Par conséquent, on se retrouve porteur de tout un tas d’étiquettes. Je suis par exemple étiquetée « de droite », « très à droite », ou « extrême droite » et même parfois juste « folle ». Mais tout ce que je fais, c’est juste mon travail de journaliste tel que je le comprends, c’est à dire informer le pouvoir des réalités. Dénoncer ceux qui abusent de pouvoir ou maquillent les vérités. Les gens ont le droit de ne pas être d’accord, bien sûr, mais j’ai aussi ce droit de dire ce que je vois, comme je le vois.
Hélas, les gens ne veulent pas entendre un mot sur toute une série de sujets, alors ils vous étiquettent, et donc plus des gens comme moi leur opposent des arguments, des faits, des statistiques qu’on peut démontrer, plus on les étiquette et on les diabolise: En fait, on dit aux gens « Ne l’écoutez pas: Elle est trop dangereuse même pour ça! ».
Nous sommes une société supposément libre. Quelle est la définition d’une société occidentale libre? La liberté d’expression et par dessus tout le droit à la dissension, l’une de nos libertés les plus précieuses. Notre droit à ne pas être d’accord. Et je sens que je n’ai plus cette liberté, ce droit de n’être pas d’accord, et qu’on essaie juste de me faire taire, comme si ce que je disais était extrême, alors que des millions de gens sont totalement d’accord avec moi, pensent la même chose. Ils allument leur TV ou lisent le journal, en particulier en Angleterre où le problème est très visible mais aussi par exemple ici, et, en essence, on leur dit « Votre façon de penser est très mauvaise: Vous êtes raciste, islamophobe, homophobe, xénophobe,… » Toutes sortes de mots en « phobe ».
« C’est ce que vous êtes! ». Et ça effraie les gens, ça les démoralise: Ils ne savent plus que dire ou penser.
De mon point de vue, il s’agit juste de répondre que c’est ce que je vois, la façon dont je comprends les événements: Ma réalité.

- Je ne crois pas que vous points de vue aient tant changé au cours des années: Vous avez écrit pour le Guardian, qui est libéral, et je suis content que vous ayez utilisé ce mot, « folle », parce que c’est très insultant. Alors que j’étais à Londres, un ami, très gentil, me disait « Oh, j’aimais ce qu’elle faisait au Guardian, mais elle est devenue folle. ». Je crois qu’il voulait dire que le monde a changé et que peut être vous refusez de vous y adapter et donc il vous disait folle, ce que vous n’êtes évidemment pas.

- Je décris ce phénomène dans mon livre, car je crois que c’est bien plus qu’une simple insulte et qu’il est important que nous le voyions: Le fait de traiter quelqu’un d’autre de fou à cause de ses opinions. Ce que je crois, c’est que si vous êtes de gauche, vous pensez en gris que votre avis est la vertu même, parce qu’il vend une société parfaite. Vous avez toute un panel d’idéologies, en « isme », qui tournent tous autour d’une société parfaite. Le multi-culturalisme: La fraternité. L’environnementalisme: Sauver la planète. Et ainsi de suite… Et donc, comme vous prônez la vertu, alors, et ce de façon automatique, la logique veut que tous ceux qui ne partagent pas votre point de vue n’a pas juste une autre opinion: Il incarne forcément le Mal même. Il est hors de votre sphère de vertu et de bonté. Il est pour vous, en essence, un diable, alors vous le diabolisez.
Ceci a pour résultat, et c’est extraordinaire, que toutes ces idéologies « du bien » que les gens de gauche adoptent et qui sont très laïques… _S’il y a bien une chose qui les réunit c’est bien la laïcité: Ils sont très anti-religion._ Ce qui est extraordinaire, donc, c’est que cette diabolisation est une vue du monde manichéenne, le divisant en un simple « Bien contre Mal ». Ça imite les formes les plus dures du fanatisme religieux du Moyen Age, quand les gens étaient soit bons soit hérétiques et à brûler. Alors bien sûr on ne brûle plus, mais on les condamne à une sorte d’exil professionnel et social. On les taxe de fous. Sur la base de leurs avis, on leur inflige une discrimination effective: Ils ne reçoivent pas de promotions, pas d’emploi, on les vilipende. On a donc des idéologues, très laïques, qui appliquent une façon d’agir très similaire aux extrémistes religieux du passé, ou aux totalitarismes plus récents, comme le communisme. C’est exactement la même chose: Il n’y a qu’une vue exprimable, et tout le reste est tout simplement interdit et doit être tu, sous peine d’exil. Pas un exil physique mais professionnel et psychologique. C’est très alarmant car il s’agit d’un état d’esprit totalitaire, que d’ailleurs j’appelle le « totalitarisme culturel ». Ce n’est pas un totalitarisme politique: C’est juste un vue que vous devez avoir sans quoi vous êtes mis au rebut.

- Vous avez beaucoup écrit, très bien et avec justesse, sur l’islam en Angleterre. Notre situation ici est assez différente, mais en général ce qui se produit en Europe se répète ensuite ici, et c’est déjà le cas à un certain degré. Vous semblez pessimiste, ou plutôt réaliste et inquiète: Est-il possible que la communauté islamique coexiste avec les anglais?

- La première des choses est qu’on ne peut ni ne doit généraliser. Il y a des millions de musulmans, en Angleterre comme ailleurs, qui veulent juste vivre comme vous et moi, élever leurs enfants et qu’ils aient de bons emplois, et qui ne sont une menace pour personne. Plus encore, ils veulent bénéficier des libertés occidentales. Beaucoup d’entre eux sont venus y chercher non pas seulement une situation mais aussi cette possibilité de vivre libre, loin de la terreur et la tyrannie qui sont récurrents dans le monde islamique. Je pense en particulier aux musulmanes, qui sont ici traitées en égales. Ils sont très nombreux.
En parallèle, et malheureusement, la force dominante au sein de la communauté islamique anglaise est très intégriste, comme elle peut l’être dans le monde islamique, et ce probablement principalement par le pouvoir que procure l’exercice de la terreur et l’intimidation. Je parle ici de celles imposées à leur propre communauté. Ce sont ces gens, aux points de vues extrémistes, qui prévalent. Par « extrême », je parle pas que de ceux qui se montrent violents et qui sont peu nombreux, proportionnellement. Même si leur nombre est élevé en Angleterre, ils ne restent qu’un faible pourcentage. Quand je parle « d’extrémistes », je parle de tous ceux qui ne sont pas prêts à vivre selon les codes et lois des démocraties occidentales, selon un même droit pour tous. C’est le cas de tous nos pays et c’est aussi selon ces règles que toutes les autres minorités y ont vécu.
Par exemple, je suis juive et tous les juifs comprennent ça: Ils sont libres de pratiquer leur religion, leur culture, mais s’il y a conflit entre la loi juive et la loi du pays alors c’est immédiatement et sans débat la loi du pays qui l’emporte. Toutes les minorités, hormis la musulmane, ont toujours accepté ceci, et le problème est né avec la décision des extrémistes, dans le monde islamique, que ces communautés ne devaient pas vivre selon la loi du pays mais selon la charia. De là est né le problème. « Une loi pour tous », tel est notre système, et je le trouve logique: Sans règlement commun, pas de société commune.
Malheureusement, pour des raisons que nous abordons ou pas, les dirigeants anglais ont décidé de ne pas offrir de résistance à l’extrémisme islamique et accommodent l’instauration de juridictions séparées. C’est une situation, qui me semble intolérable, dans laquelle la communauté musulmane, qui ne veut pas vivre sous la charia parce qu’elle est oppressive et nie leurs droits, et surtout les femmes, se trouvent forcée de revenir à la charia parce que l’état refuse d’aborder ces questions d’islam. Leurs motifs sont variés, mais tournent principalement autour de la peur d’agir.
Nous avons donc une situation intolérable dans laquelle les musulmanes anglaises, souvent nées en Angleterre, se trouvent forcées de vivre sous un régime oppressif au sein de leur communauté. Alors bien sûr elles peuvent avoir recours à la justice anglaise, mais la situation sociale leur en rend l’accès difficile, de par l’aspect totalitaire de leur communauté.
Ceci est inacceptable en soi et la communauté non-musulmane le voit, mais si elle proteste, elle est immédiatement diabolisée, taxée d’islamophobe, de raciste, sectaire, d’avoir des préjugés. Tout ça parce qu’ils voudraient que la loi de tous s’applique à tous, que leurs codes de conduite restent ceux des cultures occidentales, en essence basées sur le code moral judéo-chrétien, et ce même s’ils ne sont plus chrétiens mais il veulent toujours les bénéfices qui y sont liés. Ils sont traités de racistes et de sectaires.

- La suite dans un instant.

Vidéo 2:
Bienvenue à nouveau, nous sommes toujours avec Melanie Phillips.

[Bug temporaire de la vidéo source: Désolé… Rassurez vous, c’est très court]

[Sur la burqa et équivalents] - Il y a des femmes qui disent l’avoir choisi: Mettons ça de côté un moment parce que certaines l’ont choisi et d’autres ont été amenées à le choisir, voire forcées.
Comme on ne peut le savoir, mettons ça de côté. Contentons nous de voir l’effet sur le reste de la population et si nous devons nous y opposer en tant que non-musulmans. Je crois que nous le devons, car si vous ne pouvez voir que les yeux d’une personne, ça pose d’abord le problème de la sécurité: En ces temps de terrorisme, on peut difficilement accepter ça. Mais il y a aussi, et ça m’a choquée en parlant à des femmes voilées, qu’on constate immédiatement le déficit en terme de balance de pouvoir que ça produit: Elle vous voit, voit vos expressions. Pas vous, vous ne la voyez pas. Ici, à cette table, sans même y penser, on parle d’égal à égal. Vous me voyez, je vous vois: Nous sommes transparents l’un pour l’autre. Qu’on dise des bêtises ou pas, l’autre peut juger aussi sur les expressions. Mais si je suis totalement couverte: Je peux me faire ce jugement sur vous mais vous ne le pouvez plus.
Il y a quelque chose d’assez anti-humain là dedans, en pratique: Ça se place contre l’interaction normale entre humains. On ne peut avoir l’interaction normale entre êtres humains avec quelqu’un dont on ne voit que les yeux, c’est impossible. Je crois donc nous sommes en droit, rien que là dessus, de dire que les règles de nos sociétés sont basées sur l’égalité d’interaction. C’est donc le deuxième point, le troisième est que c’est intimidant. C’est très effrayant de voir des gens habillés comme ça et je pense que c’est le but: Le but est de faire de l’affichage politico-religieux intimidant. De ce que j’en ai compris, ce n’est pas obligatoire dans la foi musulmane. On doit s’habiller modestement, ce qui est vague, mais ce recouvrement total est un outil politique d’intimidation des autres qui dit « l’islam est dorénavant dominant et prend le pas: Nous sommes les puissants ». Et c’est inacceptable, c’est un viol de notre liberté.

- Je connais mal l’Arabie ou le Pakistan, mais au Moyen Orient, on voit rarement une musulmane totalement couverte. Ils sont généralement modestement habillés mais très ouverts. C’est comme se serrer la main: Si ça n’a pas lieu, on s’interroge forcément. Ça n’a pas l’air très islamique. On dirait qu’autre chose est à l’œuvre ici.

- Ce sont des choses différentes. Se serrer la main, à nouveau, si c’est interdit alors ce n’est pas à moi de le discuter, le voile non plus. Si un homme porte une djellaba… Les gens sont différents et il n’y a pas de raison de ne pas l’accepter, contrairement à ce qui a un impact fondamental sur nous. Ces choses là sont dans une zone grise: On devrait en discuter, en négocier les limites. Ce sont des sujets à aborder, de façon ouverte et sans rancœurs ni préjugés, mais en Angleterre, cette simple discussion est impossible sans être accusé d’un sectarisme quelconque. Ceci dit, je suis étonnée de voir que, il y a à peine 5 ans, on aurait banni la burqa. En Europe, c’était impensable. Mais maintenant, regardez vous même: Seuls quelques pays osent la bannir. Qui l’aurait pensé?
Et il est intéressant de voir que, dans certains pays islamiques qui ont des gouvernements laïques, la burqa et ce type de vêtements religieux totalement couvrants ont été bannis. La raison en est que ces pays islamiques laïcs ne s’y trompent pas et y voient un affichage politique menaçant leur laïcité. Ils les ont donc bannis, sans hésiter, alors que nous, tout embués de liberté, n’osons pas le faire. Nous voulons éviter de sembler faire preuve de préjugés, ce qui est très noble et auquel je souscris entièrement. Mais le problème est que, à cause de cette incapacité à adopter ce que nous pensons être intolérant, nous risquons notre liberté même.
Les sociétés islamiques, pour assurer leur pérennité, refusent ce genre d’affichage d’une politique menaçant leur laïcité. En Occident, je le crains, nous ouvrons la porte aux problèmes par notre incapacité constitutionnelle à agir fermement, même si c’est dans des domaines qui ont le potentiel de devenir des problèmes, et ce malgré que ça protégerait beaucoup de musulmanes. Nous devons être très fermes quand il s’agit de défendre nos valeurs et nos libertés, nos modes de vie même.

- Je crois que ceci va m’attirer des courriers et des menaces mais je crois que ça doit être dit. J’étais adolescent durant la vague migratoire sud-asiatique a eu lieu en Angleterre. Les trois groupes principaux étaient les hindous, les sikh et les musulmans. Ça a sûrement été le plus dur pour les sikhs, car ils étaient les plus visibles. Je crois que les musulmans ont été les moins vus comme une menace par les racistes. Peut-être le monothéisme, je ne sais pas… Il y a avait du racisme et de la discrimination. Les hindous, peu nombreux, des classes moyennes, ne représentaient aucune menace, les sikhs non plus. Il y avait beaucoup de musulmans ne posant aucun problème non plus mais c’est la communauté sud-asiatique musulmane qui avait d’énormes problèmes de taux de criminalité _rien à voir avec la religion_, drogue, crimes violents et violence politique.
Ceci me semble très intéressant parce que ces groupes sont venus en même temps, ont fait face aux mêmes problèmes avec des résultats très différents. Est-ce parce que l’islam est fondamentalement différent de l’hindouisme, du sikhisme, de la chrétienté, du judaïsme?

- Il est clairement fondamentalement différent et d’ailleurs toutes ces religions le sont entre elles. Mais il y a clairement quelque chose, dans la philosophie islamique, dans cette foi, qui prête le flanc à ce genre de marginalisations. Je crois que ça a quelque chose à voir avec le fait que l’islam se définit grosso-modo comme la perfection et que tout le reste est vu comme mal. Parce que c’est la parole parfaite de dieu, détruire ce qui n’est pas la parole de dieu devient un devoir moral.

- Mais toutes les religion, ou la plupart, disent ça.

- Non. Elles disent toutes être vraies et que les autres sont fausses, mais par exemple le judaïsme, puisque c’est mon cas, n’essaie jamais de persuader ou de convertir les autres à son point de vue.
Il accepte les autres, sinon leurs dieux.

- La chrétienté essaie, ou a essayé.

- La chrétienté essaie de convertir, et par le passé elle l’a tenté par l’épée, ce qui me semble épouvantable et clairement contraire à l’actuel. En Occident, nous séparons maintenant la religion et l’état. Pour en revenir à l’islam, vous avez raison de penser qu’il pose un problème particulier. Vous l’avez démontré en disant que les autres communautés sont moins enclin à ce type de comportements. N’essaient pas de s’imposer, s’instaurer. Mais nous devons nous rappeler que tous les musulmans ne s’inscrivent pas dans cette vue. Ils sont musulmans, mais vivent leur foi différemment. Il ne faut pas minimiser ça: Il est très important de bien le comprendre car les musulmans qui veulent devenir occidentaux et libres sont ceux qui sont les premières cibles de l’extrémisme islamique. Alors, je ne dirais pas que l’extrémisme islamique n’a rien à voir avec l’islam: Je pense que c’est enraciné dans cette religion, que c’est soutenu par la théologie de cette religion, que l’islam énonce cet extrémisme dans ses textes. Vous savez: Que tout musulman doit vivre selon la charia et qu’elle doit être étendue aux infidèles.
C’est propagé par les religieux les plus influents. Tout cela représente le cœur du problème, mais il y a des millions de musulmans, comme de chrétiens ou autres, qui ne sont pas si observants de leur religion dans toutes ses ramifications. Ils sont des « musulmans culturels », avant tout. Ils s’inscrivent dans une interprétation bien plus large, ou même différente, et nous devons ne pas l’oublier.

- A nouveau, un petite coupure, la suite dans quelques instants.

Vidéo 3:

Bienvenue à nouveau. revoyons les livres: « Le monde à L’envers », « La bataille globale pour dieu, la vérité et le pouvoir » et « Londonistan ». J’évoquais dans ma présentation de l’émission un vidéo très dérangeante sur ce qui s’est produit lors du Rememberance Day.
J’insiste sur le fait que ça n’a rien de politique: Je ne suis pas fan de cette histoire de poppy d’ailleurs. C’est un jour de souvenir de ceux, de tous bords politiques, qui ont donné leur vie et continuent à le faire, pour nos libertés.
La cérémonie, à Londres, a été perturbée par des gens qui protestaient et qui ont été protégés par la police anglaise. Regardez.

« Les troupes anglaises brûlent en enfer! »

[Des “poppies” sont brûlées]

« Les troupes anglaises sont des assassins! »

« Brûlez, brûlez, brûlez en enfer! »

- Alors, nous devons être clairs: Ils y a des gens… J’ai toujours été opposé à la guerre en Irak. Vous serez peut être en désaccord, mais c’est le cas. J’ai supporté la guerre en Afghanistan mais il y en a qui s’y opposent, y compris lors du Rememberance day, mais avec honneur et dignité. Vous pouvez être en désaccord avec certains conflits menés par le pays, et aucun patriote ne dit que son pays a toujours raison, mais c’est un jour symbolique et ces gens, ils sont nombreux, pas juste une poignée, crient que nos troupes « brûlent en enfer ». « Pourrissez en enfer », « Nos martyrs sont au paradis ». Ils brûlent des poppies, ils hurlent des insanités à quelques mètres des familles des défunts, des anciens combattants, survivants de la seconde guerre mondiale, ayant combattu le fascisme et le nazisme. Ceci est dégoûtant, révoltant.

- Oui, ça l’est. C’est de la provocation délibérée, conçue pour être la plus insultante et révoltante possible. Ils s’agit de dire: « Nous sommes là et nous crachons sur tout ce qui vous est cher! ».
Ça s’est déjà vu par le passé: Quand les cercueils anglais ont été ramenés d’Afghanistan, lors de la cérémonie et la marche des soldats de retour, des musulmans avaient protesté, en visant également à vraiment révolter le plus possible les gens. Disant littéralement qu’ils dansent sur les tombes de nos concitoyens.
La question est: Que sommes nous sensés y faire? Parce que ceci nous fait tous réagir, provoque notre colère… Vous avez expliqué pourquoi. Ceci est le dilemme des sociétés basées sur la liberté: Ces gens que vous venons de voir, exerçaient leur liberté d’expression. Ils nous donnent la nausée. Nous disons que ceci est de l’abus de liberté d’expression, et c’en est. Mais que faire? Que font-ils? Ils nous insultent d’une façon très grave: Ils insultent nos morts. Ils insultent nos modes de vie, ceux qui se sont battus pour le défendre. Il n’y a pas pire insulte que ce qu’ils font.
Mais c’est une insulte, et si nous commençons à criminaliser l’insulte alors nous allons sur une pente dangereuse. Et là est le dilemme, le paradoxe, auquel nous faisons tous face: Que faire à ce sujet? Et il y a une autre chose, encore pire, qui est que, par le passé, lors de ce type de manifestations destinées à piquer au vif, les gens appelaient au meurtre de celui contre lequel ils manifestaient. « Décapitez l’infidèle! », ect… Ce qui est un crime: En tant qu’incitation à la violence, c’est criminalisé. Mais la police a arrêté non pas ces gens incitant à la violence, mais les passants autour, révoltés, essayant de leur retirer les pancartes. Ce sont eux qui ont été arrêtés: Comment est-ce possible? Et bien on en revient à la façon actuelle d’agir de nos sociétés.
Ces gens, arrêtés parce qu’ils voulaient retirer ces pancartes, sont perçus comme potentiellement provocateurs de pire… En d’autres termes, si je suis provoquée par cette manifestation, qu’on vient de voir, et que je veux leur enlever leurs pancartes, je suis un danger pouvant provoquer de la violence. Pourquoi? Parce que ces islamistes vont probablement se montrer violents.
Donc on m’arrête, parce que je pourrais provoquer de la violence mais pas eux, qui ne risquent pas de me rendre violente. Par conséquent ils ne sont pas arrêtés: N’est-ce pas totalement dingue? C’est l’un des nombreux dilemme et paradoxes de nos sociétés de libertés.

- Il y a cet homme qui tient une petite église ancestrale au Kansas et qui profère des insultes aux funérailles des soldats américains. Alors il y a un débat et peut-être qu’une loi sera passée pour le tenir à distance des funérailles. Je ne sais pas.
Mais en Angleterre des gens ont été emprisonnés pour avoir appelé au meurtre de Tony Blair, du Pape… Il y a cette photo du Pape avec une cible sur sa tête. Le pape a fait une déclaration que j’estime incroyablement perspicace et pacifique à propos des relation entre catholicisme et islam, en Allemagne, et des manifestants musulmans criaient « Décapitez le Pape! »: Ils ont été arrêtés et je pense qu’ils ont été condamnés à de la prison.

- Oui, ils sont parfois arrêtés mais la barre légale est placée très haut. Je crois qu’il y a un problème de fond à ce sujet, à ce type de manifestations qui ont lieu régulièrement et dans l’impunité. Les militants extrémistes islamiques comprennent très bien que la société anglaise fuit.
Je ne parle pas du peuple, qui lui est révolté de voir ça, mais des élites politiques. Ils essaient toujours de donner, donner, donner, sans imposer de limites ou tenir une ligne. Sur tout un tas de sujets, ils se contentent de dire: « Nous pouvons diluer cette rage islamique, si nous sommes plus gentils avec eux. Musulmans et nous nous rencontrerons à mi-chemin ». Alors on finance largement des organisations aux liens douteux, on emploie des gens aux vues très extrémistes dans notre gouvernement, comme conseillers, dans une tentative de construire des ponts; On ferme les yeux sur la polygamie et la charia; On n’interfère pas; On montre qu’on est tolérants et gentils et décents et alors ils se calmeront.
Les islamistes voient ça comme de la faiblesse culturelle, une sorte de drapeau blanc de la reddition et ils ont raison: C’en est. Si vous donnez à des gens, qui utilisent la violence et l’intimidation comme armes de remplacement culturel, une signe de _à mon avis_ faiblesse et de non-combativité, ils vont alors redoubler d’efforts. Se crée alors un climat où ils peuvent tout dans l’impunité, de plus en plus.
Ils tirent avantage d’une attitude générale de la classe gouvernante qui leur offre en essence un taux d’impunité global. C’est un terrible message. Quelques dirigeants, je pense en particulier à John Howard, ancien premier ministre australien, ainsi qu’à la reine du Danemark, qui ont donné un autre message: « Si vous voulez vivre ici, vous êtes les bienvenus, mais il y a une ligne à ne pas dépasser. Vous devez respecter les règles de notre société, vous devez y souscrire. Il y a une loi pour tous et l’extrémisme et la violence ne sont pas tolérés. Sans quoi, vous devez partir. »
En Angleterre, nous évitons ça. Nous disons: « Oh, c’est terriblement raciste! ». Mais sans ce type de signal fort et sans s’assurer de son respect, sans tenir une ligne claire pour tous et s’assurer que personne ne la franchisse impunément, sans montrer dans les faits que vous êtes prêts à agir pour défendre votre culture, vous ne la défendrez tout simplement pas. Nous sommes face à ce paradoxe: Nos libéraux (comprendre « la gauche ») disent qu’il est raciste d’avoir la vision d’une culture dominante et ce qui s’ensuit inévitablement, c’est que la société telle qu’on la connaît meurt.
Refusant de s’imposer à l’autre, elle recule, faiblit.
On ne peut imposer l’égalité des femmes, la liberté d’expression ou autre, car ce serait du racisme: Ce serait se croire supérieurs. Ok, mais si c’est le cas alors cette société libérale (au sens « libre ») fait ses adieux… à elle même! Parce que si elle ne peut s’imposer, alors elle cède la place à une autre, plus ferme, qui ose menacer, qui use du type d’intimidations qu’on voit à Londres.

- Dernière petite coupure: Nous revenons tout de suite.

Vidéo 4:

Bienvenue à nouveau, je suis toujours avec Melanie. Ça a été une grande émission que j’ai beaucoup appréciée. Nous avons quelques photos de ces manifestations, et j’aimerais qu’on les commente. Je vais vous les montrer.

Voilà des photos d’une des poppies brûlées hier. Il y en a plusieurs.

Faites une pause sur celle-ci: Elle nous montre une société civilisée et sa police protégeant ces gens qui ont provoqué la colère des autres, notamment ceux qui pleuraient un membre de leur famille, ceux qui ont vécu l’enfer de la seconde guerre mondiale…

« L’islam dominera le monde », « La charia est la solution: Que la liberté aille en enfer », « Charia pour les Pays-Bas »…

Bon, c’est leur droit: les gens peuvent dire ça. Mais quel est l’esprit derrière ces messages et est-il réellement compatible avec nos sociétés plurielles? En vérité, c’est si impoli, ça relève de si mauvaises manières en soi…

« Blue Peter », qui est dessin animé très populaire qui est sur nos chaînes depuis quatre ans, représente cette jeune asiatique musulmane, visiblement peu pratiquante, mais elle est si semblable à tant de jeunes musulmanes asiatiques en Angleterre, sans doute voulant juste vivre leur vie en paix. Et on se demande: Doit-on s’interroger autant sur une minorité d’extrémistes?

- Et bien avant tout, il est difficile de se faire une idée des proportions. Ce qu’on peut dire avec certitude c’est qu’il y a beaucoup de musulmans anglais comparables à cette héroïne de D.A., qui veulent juste vivre selon les valeurs et libertés anglaises. Aucun doute là dessus. Mais nous ne savons pas combien sont « extrêmes » et veulent vivre selon la charia, qu’elle soit instaurée en Angleterre.

- Quel est votre opinion? Vous devez avoir une vague idée…

- Tout ce que je sais est ce que j’en lis et qui sont des faits vérifiables. Et ils sont vraiment terrifiants. Ils montrent que le schéma normal d’événements qui viennent avec l’immigration d’une communauté, faisant des enfants qui s’intègrent: Ceci est le schéma normal, ce qui s’est toujours produit. Chez les musulmans anglais, c’est le contraire qui s’est produit.
Les familles qui sont venues, fuyant la pauvreté du Pakistan, du Bangladesh, ont été des citoyens calmes. Une menace pour personne. Leurs enfants, élevés en Angleterre, sont radicaux… On a donc une radicalisation qui s’opère par la jeunesse nombreuse née en Angleterre. Vous savez que la démographie musulmane est bien plus élevée que celles des européens.
Ça donne une radicalisation exponentielle, par la jeunesse. Aucune statistique là dessus n’existe, juste quelques sondages d’opinion. Selon ces sondages, je vous dis ça grosso-modo, entre 40 et 60% des jeunes musulmans anglais veulent l’instauration de la charia.

- Environ la moitié des jeunes musulmans anglais veulent vivre sous la charia? - Oui. Et une trop grande proportion, je ne sais plus… de 12 à 16% sont en faveur d’Al-Qaeda et ce type d’organisations, pas leurs moyens mais leurs fins qui sont, vous le savez, de convertir le « monde infidèle » en terre islamique sous charia.
Ce sont des chiffres très élevés. Pas proportionnellement, la plupart des musulmans anglais ne sont pas en leur faveur, c’est vrai. Mais en nombre absolu d’individus, c’est extrêmement élevé et il s’agit donc d’un problème très sérieux.
Si nous ne sommes pas prêts à combattre avec fermeté ce mouvement, alors ceux qui usent d’un pouvoir illégitime gagnent: Vous leur laissez champ libre. Les extrémistes sont un problème très sérieux, mais ce qui tue réellement le pays, c’est sa classe politique qui rend littéralement les armes.

- Mais vous venez d’élire un gouvernement relativement conservateur: N’est-ce pas un pas dans le bon sens sur ce point?

- Il s’agit d’un mouvement conservateur qui… abandonne les principes conservateurs: Il pense ne pouvoir gouverner qu’à gauche. Il semble qu’ils aient d’ailleurs réussi à perdre les dernières élections, sur ces idées, contre le pourtant très décrié travailliste Gordon Brown. Les gens pensaient qu’il était impossible de perdre face à Gordon Brown, mais le soi-disant parti libéral (sens « de gauche ») de Cameron a perdu.
Néanmoins, ils ont continué à se montrer libéraux (idem), aussi pusillanimes envers l’intégrisme islamique que leurs prédécesseurs. Je ne minimise pas la difficulté, pour une société libre, de faire face à ces dilemmes hideux… Partout en Europe, le problème se pose.

- J’aimerais avoir plus de temps, mais abordons rapidement ce courriel de téléspectateur:
« Très bonne émission hier sur M. al-Dura, le palestinien qui semble-t-il n’est pas mort. Quelle horrible souffrance, tout de même, des deux côtés. J’ai beaucoup aimé votre réponse à cet activiste pompeux qui n’était même pas palestinien mais clamait parler en leur nom. Quelle caricature! Au moins, une telle réponse l’a remis à sa place. Merci. »
Pour être franc je ne m’en souviens plus, mais merci beaucoup pour ce message.

Melanie Phillips, merci d’avoir passé cette heure avec nous. Ça a été un grand plaisir.



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