Daniel Vaillant : “Dans le XVIIIe, les prières de rue ne dérangent personne” - septembre 2011



L’occupation illégale de l’espace public depuis des années « ne dérange personne ». Par contre, les réactions des politiques, qui à l’instar de Marine Le Pen, jugent intolérable cette violation des lois de la République, sont « inadmissibles ». Nous décernons à Daniel Vaillant, maire du XVIIIe arrondissement et ancien ministre de l’Intérieur, la palme du faux-culisme de cette rentrée 2011.




Selon le maire PS du XVIIIe, les récriminations seraient venues de la France entière mais aucune de son arrondissement. D’ici quinze jours, les musulmans de son quartier ne pourront pourtant plus prier dans la rue.


“Les prières de rue, c’est quelque chose qui n’est pas acceptable, directement attentatoire au principe de la laïcité et il faudra que ça cesse“, avait prévenu le 8 août Claude Guéant, ministre de l’Intérieur. Il avait alors annoncé que les musulmans du XVIIIe arrondissement qui priaient dans la rue, en attendant la construction de deux nouvelles salles de prières d’ici à fin 2012 début 2013, pourraient pratiquer dans une ancienne caserne désaffectée située porte de Clignancourt à partir du 16 septembre.

A J-15, aucun accord n’a été trouvé. Selon l’imam Cheikh Salah Hamza de la mosquée Khaled Ibn al Walid, rue Myrha, “les négociations se poursuivent“. L’imam Moussa Niambélé de la mosquée Al-Fath, rue Polonceau, confirme que “rien n’est signé” pour l’instant.

Pour l’un comme pour l’autre, plusieurs problèmes se posent sur ce nouveau site : pas de séparation entre hommes et femmes pour les prières engendrant de fait une enfreinte à la sacralité, un loyer de 10 000 euros annuel proposé par la préfecture de police de Paris et jugé “excessif” pour un un jour d’utilisation hebdomadaire ou encore l’absence d’une salle d’ablution.

Metro: Quand est arrivé le phénomène des prières de rue dans le XVIIIe arrondissement ?


Daniel Vaillant : Cela remonte au milieu des années 90 environ. Il y a plusieurs explications à cela : d’abord parce qu’il y a plus de pratiquants, notamment dans les milieux africains, ensuite, parce que la fermeture de la mosquée Adda’wa, rue de Tanger (XIXe) il y a cinq ans a engendré un report de fidèles sur notre quartier.

Metro : Les habitants du XVIIIe se sont-ils plaints de ce phénomène ?


Daniel Vaillant : Je n’ai jamais demandé d’interdit concernant ces prières de rue. C’était une forme de tolérance en attendant qu’une solution définitive et digne soit trouvée. Aucune récrimination locale par rapport à ce phénomène ne m’a été adressée. J’ai eu des lettres, certes, mais venant de toute la France ou d’autres quartiers de Paris. Ici, les prières de rue ne dérangent personne.

Les habitants de la Goutte-d’or ont pris l’habitude et ils y a pour eux des occupations de l’espace public beaucoup plus préoccupantes, notamment les vendeurs de cigarettes à Barbès, la prostitution à Château Rouge ou encore les trafics de drogue… Ces problèmes surviennent 12 heures sur 24, la prière, c’est 1h30 une fois par semaine le vendredi ! Il faut relativiser, ce ne sont pas des prêches intempestifs, bruyants et permanents… Ce n’est pas de l’islam extrémiste qui se développe chez nous !

Metro : Les réactions de certains politiques vous semblent donc excessives…


Daniel Vaillant : Quand Marine Le Pen a fait sa déclaration hors sol (la présidente du Front National avait déclaré en 2010 que “ceux qui pratiquent les prières sur la voie publique se comportent comme des occupants” ndlr), c’était inadmissible. La réaction de Monsieur Guéant, comme d’autres personnalités de droite ou d’extrême-droite, qui ont suivi aussi.

Metro : La solution transitoire de l’Etat, avec cette caserne désaffectée, en attendant les locaux définitifs actuellement en construction, vous semble-elle adéquate?


Daniel Vaillant : Je ne m’y oppose pas. Si les imams et l’Etat arrivent à trouver un accord, et ceux d’ici quelques jours, c’est très bien. Je ne suis pas pour la prière dans la rue mais je n’étais pas pour une contrainte d’interdire sans solution… Ne rencontrant pas de difficultés majeures avec les habitants, je m’étais fait à l’idée que l’on pouvait tolérer ces prières dans la rue le vendredi…

Metro : Si l’Etat et les imams ne trouvent pas d’accord avant le 16 septembre, redoutez-vous des tensions dans le quartier de la Goutte-d’Or?


Daniel Vaillant : Si l’ouverture de cette caserne pour la prière et la fin de la prière dans la rue ne pose pas de problème, je m’en réjouis. Si elle en engendre, je ne pourrai pas assumer. Je ne sais d’ailleurs pas si la police a prévu un dispositif spécifique de sécurité à cette date. Car c’est certain, il y a des musulmans qui ne voudront pas aller prier porte de Clignancourt. Ceux de la rue Polonceau ont semble-t-il accepté de se déplacer, pour ceux de la rue Myrha, ça semble plus difficile…. Il y aura probablement et malheureusement quelques tensions…

Paru sur Metro France

***********************************

Pour rappel :


Vidéos des scènes hebdomadaires qui se répètent depuis des années, et - assure Daniel Vaillant - ne dérangent pas les habitants du XVIIIe arrondissement.





Daniel Vaillant : “Dans le XVIIIe, les prières de rue ne dérangent personne” vidéo 1 - septembre 2011

Daniel Vaillant : “Dans le XVIIIe, les prières de rue ne dérangent personne” vidéo 1 - septembre 2011


Daniel Vaillant : “Dans le XVIIIe, les prières de rue ne dérangent personne” vidéo 2 - septembre 2011

Daniel Vaillant : “Dans le XVIIIe, les prières de rue ne dérangent personne” vidéo 2 - septembre 2011


Daniel Vaillant : “Dans le XVIIIe, les prières de rue ne dérangent personne” vidéo 3 - septembre 2011

Daniel Vaillant : “Dans le XVIIIe, les prières de rue ne dérangent personne” vidéo 3 - septembre 2011


Daniel Vaillant : “Dans le XVIIIe, les prières de rue ne dérangent personne” vidéo 4 - septembre 2011

Daniel Vaillant : “Dans le XVIIIe, les prières de rue ne dérangent personne” vidéo 4 - septembre 2011


Daniel Vaillant : “Dans le XVIIIe, les prières de rue ne dérangent personne” vidéo 5 - septembre 2011

Daniel Vaillant : “Dans le XVIIIe, les prières de rue ne dérangent personne” vidéo 5 - septembre 2011


Daniel Vaillant : “Dans le XVIIIe, les prières de rue ne dérangent personne” vidéo 6 - septembre 2011

Daniel Vaillant : “Dans le XVIIIe, les prières de rue ne dérangent personne” vidéo 6 - septembre 2011


Daniel Vaillant : “Dans le XVIIIe, les prières de rue ne dérangent personne” vidéo 7 - septembre 2011

Daniel Vaillant : “Dans le XVIIIe, les prières de rue ne dérangent personne” vidéo 7 - septembre 2011


http://www.bivouac-id.com