Paris - 61 interpellations lors de la manifestation interdite contre la loi sur le voile intégral - avril 2011



PARIS - Soixante-et-une personnes ont été appréhendées samedi après avoir tenté de prendre part, à l’appel d’un collectif d’associations islamistes, à un rassemblement à Paris contre la loi sur le voile intégral interdit la veille, a indiqué la préfecture de police.

Cinquante-neuf ont été interpellées à proximité immédiate de la place de la Nation et deux autres ont été interceptées alors qu’elles venaient de Grande-Bretagne et de Belgique pour s’y rendre, a-t-on précisé.

Selon une source proche du dossier, l’une d’elles est une figure des milieux islamistes radicaux britanniques, Anjem Choudary, invité par les organisateurs de ce rassemblement qui devait se tenir avant l’entrée en vigueur lundi de la loi interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public.

Choudary, 43 ans, est l’ancien responsable d’Islam4UK, un groupe dissous en 2010 en Grande-Bretagne. C’est un proche du prêcheur Omar Bakri, interdit de séjour dans ce pays. Il devait être reconduit en Grande-Bretagne.

Selon une source judiciaire, un autre est l’islamiste belge Fouad Belkacem, alias “Abu Imran”, placé en garde à vue car il est sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis par la justice marocaine qui l’a condamné à 10 ans de prison pour trafic de stupéfiants.

Egalement sous le coup d’une enquête préliminaire en France pour des propos tenus sur une vidéo diffusée sur YouTube, il est porte-parole du groupuscule salafiste belge Sharia4Belgium, qui avait tenté d’organiser des manifestations similaires en Belgique.

Il reviendra à la chambre d’extradition de la cour d’appel de Paris de le remettre ou non aux autorités judiciaires marocaines, selon la source judiciaire.

Un total de 59 personnes, dont 19 femmes voilées, qui refusaient d’obtempérer à la demande des forces de l’ordre de quitter les lieux, ont été appréhendées “pour contrôles d’identité” aux abords immédiats de la place de la Nation, a indiqué la préfecture de police. L’une d’elles était en situation irrégulière et une autre “porteuse d’une arme prohibée”, a-t-on précisé.

La majorité des manifestants vus par l’AFP étaient de jeunes hommes âgés de 20 à 30 ans, barbus et souvent vêtus à la manière salafiste.

La préfecture de police de Paris avait choisi d’interdire ce rassemblement car il était susceptible de provoquer des troubles à l’ordre public et des “affrontements violents” avec des contre-manifestants.

Dans son appel à se rassembler, outre celles d’Abu Imran et de Choudary, le collectif autour de l’unicité Tawhid (CADUT) annonçait la présence d’un autre activiste britannique, Abu Izzadeen, également proche d’Omar Bakri, condamné dans son pays à de la prison pour apologie du terrorisme.

Le CADUT regroupe quelques organisations d’activistes musulmans.






Détails de la plus grosse interpellation de la journée, côté hommes.


Face aux terrasses ensoleillées de la place de la Nation, cinq à six hommes, tous âges confondus, la tête couverte d’une calotte, la barbe longue, en tunique et en djellabah jusqu’aux chevilles, se sont rassemblés sur la place, au départ de l’avenue du Trône. “Nous sommes là pour discuter, pas pour manifester, s’énerve l’un d’eux, alors que les journalistes tentent de nouer le dialogue. On était en train de commenter les déclarations de la dame du PS!”

“Ne laissez pas ces jeunes dans l’obscurité”

Quelques minutes plus tard, ils sont rejoints par une dizaine d’hommes vêtus de la même manière. La police, en nombre, les encercle et leur demande de les suivre jusqu’au fourgon. L’un des hommes lance: “Vous ne m’avez même pas posé la question de savoir si je participais à la manif! Et vous voulez m’embarquer? J’étais peut-être pas né en 39-45, mais ça ressemble beaucoup à ça, ce que vous faites (sic). La vérité c’est que nous sommes en démocratie, alors nous sommes libres de manifester.” Un capitaine de police intime l’ordre à ses subordonnés de ne pas engager la conversation.

L’homme, désignant quelques garçons d’une vingtaine d’années, lance: “Ne laissez pas ces jeunes dans l’obscurité! Montrez-leur la lumière. Communiquons ensemble.” Le capitaine lance alors: “Vous n’acceptez pas d’obéir à l’ordre de dispersion, nous vous emmenons donc au poste de police afin de vérifier votre identité.” Personne ne bouge. L’un des jeunes manifestants s’impatiente: “On est chez nous, la France sera bientôt à nous. On est déjà 10 millions, bientôt 20, vous allez voir. Vous ne pourrez plus nous interdire quoi que ce soit. Ce pays est à nous.”

Lentement, le convoi marche vers le fourgon. Les forces de l’ordre ont encore fort à faire avec la vingtaine de manifestations prévues à Paris le même jour. A la différence que celles-ci n’ont pas été interdites.

Source : AFP-GoogleNews L’Express.fr


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