Inde : La Cour suprême suspend le jugement sur un site disputé entre hindous et musulmans - mai 2011



La Cour suprême indienne a suspendu lundi 9 mai une décision de justice ordonnant la partition du site d’Ayodhya, disputé depuis un siècle et demi entre hindous et musulmans.

Le 30 septembre 2010, la Haute cour de l’État de l’Uttar-Pradesh avait ordonné que ce site à 550 km à l’est de Delhi soit divisé en trois parties, l’une pour les musulmans, l’autre pour un temple hindou et la dernière pour une organisation hindoue. (voir aussi cette page du forum )

« Ce jugement est très étrange et surprenant. Personne n’a demandé la partition du terrain. La Haute cour d’Allahabad a pris une décision qui n’avait été demandée par personne », a déclaré l’un des deux juges de la Cour suprême qui ont ordonné que le statu quo soit maintenu sur le site et qu’aucune construction ne soit élevée.

Les pires violences interconfessionnelles depuis l’indépendance



Le site d’Ayodhya est au cœur de controverses depuis plus de 150 ans quand les hindous ont commencé à dénoncer la mosquée Babri, construite en 1528 par l’empereur moghol Babur. Pour eux, elle se situe sur le lieu de naissance de Rama, un des principaux dieux de l’hindouisme, et a été érigée sur les ruines d’un temple hindou dédié à ce dieu, rasé par l’envahisseur musulman.

Le conflit a pris de l’ampleur à partir de 1949 quand des statues de Rama ont été déposées dans la mosquée, et que des hindous ont réclamé le droit d’y prier. Les musulmans saisirent alors la justice. L’affaire traîne depuis devant les tribunaux.

En 1992, des dizaines de milliers de militants nationalistes ont détruit la mosquée, déclenchant les pires violences interconfessionnelles depuis l’indépendance de l’Inde, en 1947, faisant plus de 2 000 morts, principalement au sein de la communauté musulmane.

Les musulmans représentent 13 % de la population indienne, hindouiste à 80 %.

Source : LaCroix


Maquette du futur temple hindou qui sera édifié à l’emplacement de la mosquée