France : interpellations de djihadistes musulmans en Ile-de-France





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La police a mené mardi matin une opération dans les milieux islamistes d’Ile-de-France, interpellant sept personnes soupçonnées de s’être rendues dans les zones de combat aux confins de l’Afghanistan et du Pakistan ou d’avoir envisagé de le faire. Ces arrestations se sont notamment déroulées à Paris, Stains (Seine-Saint-Denis) et Garges-lès-Gonesse (Val-d’Oise). Les personnes ont été conduites au siège de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) à Levallois (Hauts-de-Seine) où elle doivent être interrogées durant une garde à vue qui peut être prolongée jusqu’à quatre jours, conformément à la législation antiterroriste.









La septième personne interpellée, un ressortissant indien, a été arrêtée peu après être arrivée en France en provenance d’Algérie selon des sources proches de l’enquête. Cet homme est “la cible principale” de l’opération et aurait “des liens avec le Pakistan” a indiqué une source.Certains interpellés sont soupçonnés d’avoir effectué des aller et retour vers la zone pakistano-afghane. Ils auraient été identifiés notamment à la faveur d’échanges sur internet, a expliqué une source proche de l’enquête.

Les hommes arrêtés “avaient le projet de se former au djihad au Pakistan” mais “rien n’indique qu’ils s’apprêtaient à commettre un attentat en France”, a confirmé le ministre de l’intérieur lors d’un point presse. Toutes ces arrestations ont “un lien avec les deux Français interpellés à Lahore en janvier”, a indiqué Claude Guéant. Ces derniers restent détenus au Pakistan, selon une source proche de l’enquête.

LA FRANCE “EST LA CIBLE N° 2 D’AL-QAIDA”

Dans un entretien au Monde, Bernard Squarcini, chef de la DCRI, a confirmé qu’”une vingtaine de Français” s’entraînent au Pakistan et que la France “est la cible n° 2 d’Al-Qaida”.

Lundi, le ministre de l’intérieur, Claude Guéant, avait aussi assuré qu’il n’existait “pas d’éléments concrets” pouvant laisser croire à un risque d’attentat en France, après la mort du fondateur d’Al-Qaida, Oussama Ben Laden. Jugeant vraisemblable “que les affiliés à Oussama Ben Laden seront tentés de le venger”, Claude Guéant a rappelé qu’“un certain nombre de Français sont allés se former au djihad en Afghanistan”. Selon plusieurs responsables du renseignement, ils sont “quelques dizaines” dans ce cas et leur retour en Europe est surveillé de très près. Vendredi, il avait précisé qu’il n’était “pas exclu qu’il y ait d’autres ramifications et d’autres personnes à interpeller” dans le cadre de l’enquête marocaine sur l’attentat de Marrakech le 28 avril. Rabat a annoncé l’arrestation de trois Marocains, dont l’un est présenté comme l’”exécutant” de l’attaque qui a fait seize morts et huit blessés.
En octobre, les services américains avaient prévenu les Européens du probable retour d’”un groupe de 25 jeunes formés au combat”. Un de ces Français, Ryad Hannouni, avait été interpellé à Naples en septembre avant d’être extradé en France fin novembre. En novembre, quatre hommes de 20 à 25 ans avaient été écroués, soupçonnés d’avoir envisagé d’assassiner le recteur de la mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, jugé trop modéré. Au moins l’un d’entre eux avait fait un passage en Afghanistan, les autres projetant de s’y rendre, avait révélé le ministre de l’intérieur de l’époque, Brice Hortefeux.

Quelques jours avant le démantèlement de ce groupe, un autre Français d’une trentaine d’années avait été incarcéré, suspecté de s’être rendu dans la zone pakistano-afghane en 2009, d’où il serait rentré en France au début de 2010. En 2010, la police française a interpellé 94 personnes “dans le cadre d’opérations judiciaires visant à démanteler des groupes terroristes”, dont “36 ont été mises sous écrou”, selon le ministre de l’intérieur.

Source : AFP-LeMonde