“Allahu akbar” Exécution publique au pays du Grand Ayatollah - juillet 2011


Le site de l’agence de presse et collectif Iranien de défense des droits humains HRANA news - nous append que le matin du 19 Juillet 2011, trois prisonniers ont été pendus en public sur la place Azadi dans la ville de Kermanshah, sur des accusations d’enlèvement et de l’adultère. Ces prisonniers identifiés se nomment Milad Q. (fils de Shirali), Javad A. (fils de sultan) et Javad A. (fils de Habib). certains des condamnés étaient encore mineurs, et avaient moins de 21 ans

Selon un rapport publié par HRANA le 14 mai 2011, le tribunal correctionnel de Eslamabad ouest avait émis les sentences de mort, le 21Juin 2011 la Cour suprême de l’Iran sous la direction générale du tribunal « révolutionaire 32″, qui avait confirmé ces verdicts.





La vidéo d’une nouvelle exécution publique en Iran témoigne de la «brutalité» de la peine de mort

Une nouvelle vidéo saisissante d’une pendaison publique, qui a eu lieu le 19 juillet en Iran, témoigne de la violence infligée tant au condamné qu’aux spectateurs des exécutions, a déclaré Amnesty International jeudi 21 juillet.

Filmée le 19 juillet, la vidéo fournie à Amnesty International montre l’exécution par pendaison de trois hommes sur la place Azadi, dans la ville de Kermanshah. Ces hommes ont été déclarés coupables de viol.

Sur la vidéo, on voit les trois hommes, debout sur le toit de bus ; des gardiens de la révolution leur passent autour du cou une corde attachée à un pont situé au-dessus, devant une foule de spectateurs, dont des enfants.

Sont annoncés par haut-parleur les crimes pour lesquels ils ont été condamnés et l’exécution ; les bus commencent alors à rouler.

« Ces dernières exécutions publiques témoignent de l’horreur sans fin de la peine de mort en Iran », a déclaré Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnesty International.

Sur la vidéo, on peut voir de nombreuses personnes photographier ou filmer la scène.

« Les personnes exécutées, mais aussi toutes les personnes qui assistent à des exécutions publiques, et notamment les enfants, sont brutalisées et avilies par l’expérience. Loin de renforcer la foi en la justice, ces mises en scène publiques perpétuent une culture de l’acceptation de la violence et de la soif de sang, a poursuivi Hassiba Hadj Sahraoui.

« Nous avons également appris que deux mois seulement s’étaient écoulés entre l’arrestation et l’exécution de ces hommes, ce qui soulève de vives interrogations quant à l’équité de leur procès. »

Les pendaisons qui ont eu lieu le 19 juillet s’inscrivent dans le cadre d’une vague d’exécutions publiques en Iran depuis fin 2010 et d’un accroissement global des mises à mort.

Les autorités iraniennes ont reconnu pas moins de 28 exécutions publiques depuis le début de l’année. Amnesty International a reçu des informations faisant état d’au moins six autres exécutions niées par les autorités.

« Il est extrêmement préoccupant qu’en dépit d’un moratoire sur les exécutions publiques instauré en 2008, les autorités iraniennes recourent à nouveau à cette pratique inhumaine », a déploré Hassiba Hadj Sahraoui.

Selon des experts des Nations unies dans le domaine des droits humains, les exécutions en public ne servent aucun intérêt légitime et ne font qu’amplifier le caractère cruel, inhumain et dégradant de ce châtiment.

« Toute exécution bafoue le droit à la vie. Quand elle se déroule en public, elle constitue un terrible affront à la dignité humaine qui ne saurait être toléré », a affirmé Hassiba Hadj Sahraoui.

Ces exécutions font suite à plusieurs affaires largement médiatisées de viols en réunion commis sur des femmes depuis le début de l’année en Iran. Dans certains cas, les représentants du gouvernement ont reproché aux victimes de ne pas avoir respecté le code vestimentaire officiel ou la ségrégation liée au genre.

« Procéder à des exécutions à l’issue de procès iniques bâclés ne remédiera pas au fléau que représente le viol en Iran, exacerbé par l’acceptation de la violence contre les femmes à tous les niveaux de la société, a expliqué Hassiba Hadj Sahraoui.

« Les autorités iraniennes doivent s’efforcer de combattre cette culture de la violence, au lieu de la perpétuer par l’entremise de ces démonstrations publiques de cruauté. »

L’Iran se place au deuxième rang derrière la Chine en termes de nombre d’exécutions par an. Les autorités ne publient pas de chiffres officiels sur leur application de la peine de mort, malgré les demandes répétées de transparence émanant des institutions des Nations unies chargées des droits humains.

D’après les directives de l’ONU sur le recours à la peine de mort, dans les pays qui maintiennent ce châtiment, il ne doit être appliqué que pour « les crimes les plus graves ». Cette notion ne s’entend que des crimes intentionnels ayant des conséquences fatales ou extrêmement graves. La plupart des exécutions en Iran concernent des infractions à la législation sur les stupéfiants et des viols.