Didier Reynders veut surveiller les imams installés en Belgique




Les imams installés en Belgique doivent être surveillés. C'est Didier Reynders qui le dit dans les quotidiens du groupe Sud Presse ce samedi. Il estime que la reconnaissance du culte musulman doit être assortie d'une série de conditions. La RTBF a rencontré le ministre des affaires étrangères. Il détaille et argumente ses propositions.

Ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders voyage beaucoup. Il revient d'ailleurs d'Irak. Et là, comme en Turquie ou en Algérie, il a été interpellé par des dirigeants sur le fait que l'on voit "naître des mouvements radicaux, fondamentalistes, et que des Belges partent en Syrie, vers le nord du Mali pour se battre aux côtés des troupes jihadistes".

 La Belgique, terreau de radicalisme ? Pour lutter, Didier Reynders voudrait mieux contrôler la formation des imams. Contrôler aussi les messages distillés dans les mosquées. Mais pas question de stigmatiser: le ministre parle de prévention, en collaboration avec le culte musulman. Une collaboration disons... stimulée. "Tant qu'on finance les cultes, on doit avoir un mot à dire sur la façon avec laquelle les cultes sont organisés", estime Didier Reynders qui en appelle à une meilleure collaboration avec les responsables.

 Du coté de l’exécutif des musulmans, d'accord pour aborder la formation mais pas question de parler de contrôle ou de chantage au financement. "L'Islam est reconnu comme d'autres religions", précise Semsettin Ugurlu, président de l'exécutif des Musulmans de Belgique. "Les Musulmans composent à peu près 10% de la population belge, en tant que citoyen ils ont le droit de vivre leur culte... les subsides ne doivent pas être utilisés comme moyens de pressions".

 Didier Reynders mettra le sujet sur la table du gouvernement qui, depuis déjà plusieurs mois, planche sur un plan de lutte contre le radicalisme.

 RTBF