La croix des dhimmis, de Philippe Nicolas, la vision romancée d’une Europe musulmane 


La Croix des dhimmis

Dans un futur proche, la société européenne s’est islamisée : la mixité à d’abord reculé dans les piscines, la laïcité a été bradée par clientélisme politique, le halal s’est généralisé, les croyants se sont mis à prier dans les rues et les médias commentent le moral des jeûneurs en période de ramadan. La Sharia est appliquée de facto en beaucoup d’endroits et un puritanisme nouveau s’est progressivement installé. Aussi, les croix ont disparu, arrachées, détruites et interdites.

Les collecteurs surnommés « Zemmour » et historiens amateurs passent leur temps à rechercher les écrits datant de l’époque préislamique. Un livre est finalement retrouvé : La croix de Godefroy de Bouillon.
A l’occasion d’une visite des sous-sols du château de Bouillon, Bernard-Pierre Fortunat et son ami Lucien Laguerre se retrouvent étrangement au « même endroit », mais en 1191. Ils apprendront de la bouche de Sigebert le bref, l’homme qui ne peut quitter son puit, qu’un charmogne (maléfice) est à l’origine de leur mésaventure.
Ancien croisé au service de Guy de Lusignan, Sigebert est également victime de ce charmement qui n’a d’autre but que de le maintenir isolé et incapable d’accomplir la promesse faite par son aïeul à Godefroy de Bouillon : à savoir, déposer dans le sous-sol du château les restes de la Vraie Croix du Christ * arrachés des mains des Sarrasins en…1099.
C’est Guillaumin Fortunat, lointain parent de BP et manichéen devant l’Eternel qui est à l’origine de l’enchantement. Comme tous les dualistes, il honnit, lui aussi, le symbole de la croix. Aussi, il semble que l’étrange et inquiétant personnage s’adonnât à certains rites du sang sensés le guérir d’une maladie honteuse : la lèpre.

En plus de l’antique forteresse, BP et Lucien vont découvrir un monde de superstitions au sein duquel leur seul accoutrement fait se signer les gens. Ils devront évoluer en un univers dominé par l’Eglise et dans lequel le respect des dogmes de la Foi n’est absolument pas négociable. En historien émérite, Bernard-Pierre explique ce monde médiéval intolérant à son ami et ne peut éviter de faire certains rapprochements entre celui-ci et le leur…
A l’occasion de leur quête de l’alchimiste que l’on appelle aussi l’Hérétique, BP et son ami vont rencontrer certains personnages étonnants : Martial le sire du tombeau du géant, le bûcheron Ambroise le vif, frère Jean l’ancien ecclésiastique nécrophile, Jehan le lépreux de la maladrerie, Blanche l’amie des scrofuleux et les enfants de la petite guilde du Brutz qui disparaissent, parfois, on ne sait trop pourquoi…
Avant de retrouver l’hérétique et de sauver les enfants de la petite guilde, les deux bouillonnais d’une autre époque vont devoir s’adapter au mode de vie médiéval et auront tout le loisir de découvrir une région qu’ils ne reconnaissent que bien peu. Ils confirmeront la véracité de ladite « légende des œillets du château », visiteront certains lieux-dits toujours existants de nos jours : la maladrerie, la côte d’Haut clin, le gué de l’Epine, le Han du Han, le trou de la loutre, Saint-Pierre, la forêt du Brutz, les Enclaves…

Finalement, la clef de voûte de leur problème s’avérera effectivement être Guillaumin l’alchimiste, mais aussi, l’étrange chapelle Saint-Eloi aujourd’hui disparue.
Sigebert libéré et les reliques de la vraie croix exposées dans le château, les deux compères reviendront à leur époque comme par…enchantement…

* Référence à des restes de « croix » effectivement découverts dans le château et toujours exposés en la salle Godefroy